J'aime le printemps. Ce matin-là, j'ai remonté la rue. Doucement. Les bruissements du marché, plus haut, parvenaient jusqu'à moi, transportés par une brise légère, parfumée de l'effluve subtile des arbres en fleurs.
Je me suis arrêté prendre le journal. Puis j'ai traversé le marché, ralentissant devant une pyramide de pots de miel aux noms pleins de poésie, dépassant les étals sanguinolents des tripiers, souriant à la vendeuse de fruits aux yeux en amande et à la peau de pêche.
J'ai continué jusqu'à la place. En face, le café était ouvert. J'aimais cet endroit, le zinc brillant, les boiseries aux tons chauds, le patron moustachu, avenant et gouailleur, à l'accent fleurant bon le sud.
Je commandai un café et j'ouvris le journal. A ce moment-là, un homme, noir, d'une cinquantaine d'années, est entré. Aussitôt, le chien, derrière le comptoir, bondit, retenu par sa chaîne, écumant, aboyant et menaçant le nouvel arrivant. L'homme, stoïque et digne, regarda le chien, puis le maître, et sortit doucement. A reculons.
Le moustachu s'approcha de moi et dit:
- "Il est bien dressé, hein !!!"
J'acquiesçai mécaniquement. J'ai payé et quitté le comptoir. Arrivé à la porte, j'ai trouvé l'atmosphère moite, le ciel bleu avait pris une teinte grise, presque blanche, métallique. Ça sentait les égouts.
Je me suis arrêté prendre le journal. Puis j'ai traversé le marché, ralentissant devant une pyramide de pots de miel aux noms pleins de poésie, dépassant les étals sanguinolents des tripiers, souriant à la vendeuse de fruits aux yeux en amande et à la peau de pêche.
J'ai continué jusqu'à la place. En face, le café était ouvert. J'aimais cet endroit, le zinc brillant, les boiseries aux tons chauds, le patron moustachu, avenant et gouailleur, à l'accent fleurant bon le sud.
Je commandai un café et j'ouvris le journal. A ce moment-là, un homme, noir, d'une cinquantaine d'années, est entré. Aussitôt, le chien, derrière le comptoir, bondit, retenu par sa chaîne, écumant, aboyant et menaçant le nouvel arrivant. L'homme, stoïque et digne, regarda le chien, puis le maître, et sortit doucement. A reculons.
Le moustachu s'approcha de moi et dit:
- "Il est bien dressé, hein !!!"
J'acquiesçai mécaniquement. J'ai payé et quitté le comptoir. Arrivé à la porte, j'ai trouvé l'atmosphère moite, le ciel bleu avait pris une teinte grise, presque blanche, métallique. Ça sentait les égouts.
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