Décrire le « studium » et le « punktum » d’une photo d’August Sander. La photo représente une famille posant sur le pas de la porte de leur maison.
Une famille. Le père, assis devant une porte. Le fils, debout à sa droite, en retrait, les mains derrière le dos. La mère, qui le surplombe, les bras croisés sur le battant bas de la porte, qui s’ouvre en deux parties.
Les deux battants de la porte sont massifs et le bois irrégulier, comme lessivé par trop d’années d’intempéries. Sur le battant haut, entrouvert, une pièce de métal grossièrement ouvragée lui donne toute sa distinction.
Le père, les mains jointes, un coude sur chaque cuisse, pose sur l’objectif un regard clair et apaisé. Une épaisse moustache noire dissimule la lèvre supérieure. Une pipe, au conduit rectiligne et au foyer profond déforme la lèvre inférieure. Il porte un costume noir sur une chemise blanche. Ses mains calleuses trahissent une activité manuelle intense que le costume strict aurait pu occulter.
Son fils porte une culotte courte et un tricot assortis de couleur claire. Figé, bien droit, on sent bien qu’il réalise là une figure imposée, sa jeunesse et son inexpérience l’empêchant sans doute d’afficher la même décontraction que son père. Ses souliers montants sont noués serrés, l’usure du cuir trahissant une utilisation intensive et sans doute exclusive.
La mère, accoudée sur le battant inférieur de la porte, porte une blouse sombre à carreaux, aux manches courtes et un tablier clair à rayures. Elle a la peau sombre et marquée de ceux qui travaillent dehors. Ses paupières lourdes s’affaissent un peu et elle affiche un regard résigné, presque absent, comme si cet instant n’appartenait pas vraiment à une vie qu’on devine laborieuse.
Le regard de l’enfant irradie. Il y a plus de vie dans chacune de ses pupilles que dans le reste de son corps, figé dans une posture contrainte. Son regard n’exprime ni défi, ni peur, ni méchanceté, ni amusement mais une détermination complètement déliée. Il bouscule le photographe comme si sa volonté de voir plus loin, de prendre possession de l’espace balayait les obstacles. Il y a dans ce regard le flot impétueux et irrésistible d’une vie qui s’annonce, comme si toute l’énergie qu’il allait déployer au long de son existence était déjà là, contenue, mais bouillonnante.
Une famille. Le père, assis devant une porte. Le fils, debout à sa droite, en retrait, les mains derrière le dos. La mère, qui le surplombe, les bras croisés sur le battant bas de la porte, qui s’ouvre en deux parties.
Les deux battants de la porte sont massifs et le bois irrégulier, comme lessivé par trop d’années d’intempéries. Sur le battant haut, entrouvert, une pièce de métal grossièrement ouvragée lui donne toute sa distinction.
Le père, les mains jointes, un coude sur chaque cuisse, pose sur l’objectif un regard clair et apaisé. Une épaisse moustache noire dissimule la lèvre supérieure. Une pipe, au conduit rectiligne et au foyer profond déforme la lèvre inférieure. Il porte un costume noir sur une chemise blanche. Ses mains calleuses trahissent une activité manuelle intense que le costume strict aurait pu occulter.
Son fils porte une culotte courte et un tricot assortis de couleur claire. Figé, bien droit, on sent bien qu’il réalise là une figure imposée, sa jeunesse et son inexpérience l’empêchant sans doute d’afficher la même décontraction que son père. Ses souliers montants sont noués serrés, l’usure du cuir trahissant une utilisation intensive et sans doute exclusive.
La mère, accoudée sur le battant inférieur de la porte, porte une blouse sombre à carreaux, aux manches courtes et un tablier clair à rayures. Elle a la peau sombre et marquée de ceux qui travaillent dehors. Ses paupières lourdes s’affaissent un peu et elle affiche un regard résigné, presque absent, comme si cet instant n’appartenait pas vraiment à une vie qu’on devine laborieuse.
Le regard de l’enfant irradie. Il y a plus de vie dans chacune de ses pupilles que dans le reste de son corps, figé dans une posture contrainte. Son regard n’exprime ni défi, ni peur, ni méchanceté, ni amusement mais une détermination complètement déliée. Il bouscule le photographe comme si sa volonté de voir plus loin, de prendre possession de l’espace balayait les obstacles. Il y a dans ce regard le flot impétueux et irrésistible d’une vie qui s’annonce, comme si toute l’énergie qu’il allait déployer au long de son existence était déjà là, contenue, mais bouillonnante.
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