mardi 26 février 2008

Consigne - Texte à consignes successives

Description neutre d’un endroit où j’ai été dans les trois derniers mois

Dans la plus grande pièce de la maison, au rez-de-chaussée, il y a une cheminée immense. Des piliers en pierres massives encadrent l’âtre. Devant, une longue table s’étire jusqu’à la bibliothèque, de l’autre côté. Son bois sombre reflète les lueurs blafardes du lustre, qui pend juste au-dessus. Elle est encadrée sur toute sa longueur de chaises dont les hauts dossiers sont recouverts d’un tissu terne. La bibliothèque ploie sous le poids des ouvrages anciens, marqués par les outrages du temps. Il ne semble pas y avoir d’ordre et les livres paraissent avoir été rangés plus en fonction de leur taille et de leur volume qu’en fonction de la valeur qu’ils représentent aux yeux de leur propriétaire. A gauche de la bibliothèque, une fenêtre condamnée laisse entrevoir, au travers ses vitres poussiéreuses, la vigne vierge qui s’immisce dans les fentes de ses volets.

Faire entrer le son

Le feu crépite par moment, puis, une bûche incandescente se brise. Sous l’effet de la chaleur, la cheminée respire. On entend l’air happé et aspiré par le conduit. Le reste de la pièce est immobile, suspendue aux borborygmes du monstre.

Faire entrer l’odeur

Il flotte une odeur un peu fade mais persistante de vieux papier. S’y mêle des effluves de cuir et, bizarrement, de thym.

Faire entrer le personnage

Tu es debout devant la bibliothèque. Tes doigts effleurent la tranche des livres, devant toi. Parfois, tu en retires un précautionneusement, le feuillette doucement, en prenant soin de préserver la reliure. Il y a là des romans, de la poésie, mais aussi des ouvrages d’art et d’histoire. Un thé fumant est posé sur la table derrière toi. Maintenant, tu tiens entre les mains un recueil de correspondances d’un écrivain que tu ne connais pas. Tu tournes une page. Une photo jaunie s’échappe et tombe à tes pieds. Tu la ramasses. C’est le portrait d’un homme. Un homme qui te ressemble. Ton grand-père. Il porte un uniforme d’officier. L’uniforme d’une armée à laquelle il n’aurait jamais dû appartenir.

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